Cuyabeno est unRéserve d'Amazon Blackwateroù s'étendent de vastes forêts inondées, des réseaux de lagunes entrelacés et où se pratique la navigation ancestrale parkillasLes canoës marquent le paysage de leur empreinte.
La réserve naturelle de Cuyabeno : une forêt tropicale équatorienne unique, peuplée de « killas »
BY RESPONSIBLE TRAVEL

POURQUOI VISITER CUYABENO ?
Cuyabeno propose une expérience marquée parlela logique de l'eau et de la forêt, ensemble. Ici, les dynamiques écologiques résultent des interactions entre les crues saisonnières, le débit fluvial et la complexité structurelle des zones humides tropicales. Le réseau de rivières et de lacs d’eaux noires de la réserve ne se contente pas de transporter l’eau — ildétermine les lieux où les espèces se nourrissent, se reproduisent et migrent, et comment les communautés se sont déplacées et ont vécu au fil de l'histoire au cœur de la forêt.
Ce cadre invite à une autre forme de voyage : celle où l'observation prend le pas sur la précipitation, et où la compréhension naît en regardant la vie se dérouler au rythme de ses propres cycles.

EN QUOI CUYABENO EST-IL PLUS QU'UNE SIMPLE RÉSERVE ?
Cuyabenodésigne à la fois la région amazonienne au sens large et la zone protégée officielle connue sous le nom deRéserve naturelle de Cuyabeno, fondée en 1979 et couvrant près de590 000 hectaresdans le nord-est de l'Amazonie équatorienne, couvrant les provinces deSucumbíos et Orellana.
Ce qui distingue le Cuyabeno, c'estla continuité entre sa fonction écologique et la présence humaine. La réserve protège une mosaïque deforêts inondées, rivières aux eaux noires et zones humides saisonnières— des écosystèmes qui restent en lien direct avecTerritoires et cultures autochtonesqui vivent au contact de ces paysages et en tirent des enseignements depuis des générations. À Cuyabeno, la protection de l’environnement et la continuité culturelle se rejoignent, créant ainsi un territoire où les processus écologiques et les savoirs ancestraux sont à la fois actifs et observables, sans être dissociés.

COMMENT LES RIVIÈRES FAÇONNENT LE TERRITOIRE
Au confluent des rivières Cuyabeno et Aguarico se trouveLa Bocana, un site d’importance tant écologique que culturelle où se rejoignent la composition chimique de l’eau, les régimes d’écoulement et les voies de circulation traditionnelles.
Les rivières constituent la colonne vertébrale de la structure spatiale et écologique du Cuyabeno. L'hydrologie de la réserve comprend des cours d'eau majeurs tels que leRivière Aguarico, leRivière Cuyabeno, leRivière Zábalo, et leRivière Balatá, entouré de lacs reliés entre eux, commeLac AgrioetLac Grande. Ces cours d'eau formentles principaux axes de transport et les corridors écologiques, remplaçant de fait les routes et influençant la manière dont les espèces et les personnes se déplacent sur le territoire.
COMMENT DÉCOUVRIR LE CUYABENO : L'EXPÉRIENCE KILLAS
Le canoë est le meilleur moyen d'explorer cette région.Les « Killas », des pirogues traditionnellesfabriqués et utilisés par les familles locales, constituent un moyen de transport respectueux de l'environnement. Les canoës permettent aux visiteurs d'accéder à des zones inaccessibles aux bateaux à moteur. Leur utilisation favorise un tourisme à faible impact et permet aux guides locaux de transmettre un savoir forgé par l'expérience et la vie au bord du fleuve. Des visites guidées à pied sont également possibles dans certaines parties de la réserve, notamment pendant la saison sèche.

QUELS ANIMAUX VIVENT DANS CES RIVIÈRES ET CES FORÊTS ?
Avec plus de 550 espèces d'oiseaux recensées, 12 espèces de primates et des observations exceptionnelles telles que des loutres géantes d'eau douce et des anacondas, la réserve figure parmiles régions présentant la plus grande biodiversitédans la partie supérieure de l'Amazone. Mais à Cuyabeno, la biodiversité ne se résume pas à une simple question de quantité — c'estÀ propos de la connexion.
DANS LES RIVIÈRES : DAUPHINS ROSES, LOUTRES ET CAÏMANS
Dauphins roses de l'Amazone
On les voit souvent faire surface sans bruit près des berges ou sous les branches — le plus souvent à l'aube ou dans des lagunes ombragées.
À noter :Dans les cosmologies autochtones, leur présence est considérée comme le signe d'un écosystème aquatique sain et d'un équilibre spirituel.
Les loutres géantes
Ils se déplacent en petits groupes familiaux très soudés, souvent le long de troncs d'arbres tombés ou de berges peu profondes.
À noter :Leur nage synchronisée et leurs vocalisations témoignent d'une organisation sociale très développée et d'une mémoire territoriale.
Caïmans
Ils deviennent plus visibles la nuit, lorsque leurs yeux reflètent la lumière au-dessus de la surface immobile.
À noter :Ces reptiles occupent le sommet de la chaîne alimentaire aquatique et contribuent à réguler les populations de poissons.



DANS LES ARBRES : ARAS, SINGES ET AIGLES HARPIES
Singes hurleurs, écureuils et capucins
Ils forment de petits groupes qui se déplacent à travers la canopée, à la recherche de fruits et d'insectes.
À noter :Les singes hurleurs constituent des indicateurs précoces de la santé de la forêt en raison de la sensibilité de leur régime alimentaire et de l'étendue de leur registre vocal.
Ara
Elles volent en volées bruyantes et colorées au lever et au coucher du soleil.
À noter :La force de leur bec et leurs habitudes alimentaires contribuent à la dispersion des graines, un processus essentiel à la régénération de la forêt.
Aigles harpies
Bien qu'on les aperçoive rarement, ils vivent dans de grands arbres émergents.
À noter :Leur présence témoigne de l'existence d'un réseau trophique complet et intact, car ces espèces ont besoin de vastes territoires et de forêts matures.



LE VISIBLE ET L'INVISIBLE : LE RYTHME DE LA FORÊT
Toutes les rencontres ne se font pas à vue. Certains animaux restent cachés sous les broussailles. D'autres ne se révèlent qu'à travers des sons, des odeurs ou des ombres qui bougent.
À noter :La forêt récompense le silence — non pas par des certitudes, mais par des possibilités.
SÉJOURNER DANS LA RÉSERVE : HÉBERGEMENTS LOCAUX ET AU BORD DE LA RIVIÈRE
Cuyabeno propose un petit choix varié d'écolodges, dont la plupart ne sont accessibles que par voie fluviale. Chacun s'intègre au paysage à sa manière, que ce soit par son architecture, sa collaboration avec les communautés locales ou l'accès à des écosystèmes spécifiques. Si certains ont tissé des liens plus étroits avec les communautés autochtones, tous offrent un aperçu de la manière dont on peut vivre en harmonie avec la forêt tropicale.
TAPIR LODGE
Près de la rivière Cuyabeno
Construit en collaboration avec le peuple Siona, le Tapir Lodge se compose de tours surélevées et de plateformes d'observation des oiseaux.
À noter :Il propose des balades guidées en canoë à travers les forêts d'igapó et est considéré comme un modèle de tourisme communautaire.
WAITA LODGE
Cours inférieur du fleuve Cuyabeno
Elle recrute la majorité de son personnel dans les communes voisines.
À noter :Met l'accent sur les activités tranquilles telles que le paddleboard et les excursions matinales.
CUYABENO LODGE
Laguna Grande
Comptant parmi les plus anciens de la région, ce lodge permet d'accéder à l'un des lagons les plus riches de la réserve.
À noter :Propose des balades en canoë au lever du soleil, au milieu de la brume, pour observer les oiseaux.
CUYABENO RIVER LODGE
Lit de la rivière Cuyabeno
Une option plus intime, idéale pour une exploration en toute tranquillité.
À noter :Situé à proximité de lagons peu fréquentés, parfaits pour observer les dauphins roses.
TUCAN LODGE
Cours moyen du fleuve Cuyabeno
De style rustique et de taille modeste, ce gîte accueille les petits groupes et les voyageurs individuels.
À noter :Les balades en forêt mettent en avant les plantes médicinales et leurs usages traditionnels.
NICKY AMAZON LODGE
Les rives du Cuyabeno
Allie sorties dans la nature et visites au sein de la communauté.
À noter :Organise des soirées de contes avec les aînés de la région, lorsque ceux-ci sont disponibles.
CENTRE DE PROTECTION DE LA FAUNE SAUVAGE DE CUYABENO
Zone intérieure de la réserve
Conçu pour des séjours immersifs et prolongés dans les zones reculées de la réserve.
À noter :Les visites nocturnes permettent souvent d'observer des caïmans et des mammifères nocturnes.







QUI PROTÈGE CE TERRITOIRE ? LES COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES DE CUYABENO
Le Cuyabeno est également un paysage culturel vivant. PlusieursPeuples autochtonescontinuent d'habiter ses forêts et ses rivières, chacun avec sa propre langue, sa propre mémoire et son propre lien avec la terre.
SIONA : LES GARDIENS DU SAVOIR FLUVIAL
Vivant principalement le long du fleuve Cuyabeno, les Siona sont réputés pour leurs compétences en matière de navigation, de médecine traditionnelle et de connaissance cyclique de la forêt. L'usage cérémoniel du yajé reste un élément essentiel de leur vie spirituelle.
SECOYA : LES VOIX DES ZÁBALO
Les Secoya vivent près de la rivière Zábalo et sont réputés pour leur tradition de contes oraux, la transmission intergénérationnelle de leur langue et leur sens de l'observation de l'environnement, ancrés dans des pratiques séculaires.
LES COFÁN : LES DÉFENSEURS DE L'AGUARICO
Le long de la rivière Aguarico, les Cofán continuent de défendre leurs territoires ancestraux. Leurs chefs parlent souvent de la forêt comme d’un maître : un lieu d’apprentissage, et pas seulement un lieu de vie.
KICHWA : LES AGRICULTEURS DU CHAKRA
Présents à la lisière sud de la réserve, les Kichwa entretiennent des liens profonds avec l'agriculture forestière à travers les chakras, ces jardins de polyculture qui nourrissent à la fois la communauté et le sol.

PROJETS VIVANTS : LA PRÉSERVATION AU-DELÀ DE LA VISITE
Outre l'observation de la faune, Cuyabeno propose plusieursinitiatives axées sur la conservation et en lien avec les communautésqui allient respect de l'environnement et pérennité culturelle. Il ne s'agit pas de « spectacles touristiques » : ils représententdes réponses actives aux changements environnementaux, à la préservation du patrimoine culturel et à la gestion collective.
PRÉSERVATION DE LA TORTUE CHARAPA – INITIATIVE COMMUNAUTAIRE ET PARTENARIALE
LeProgramme communautaire de gestion de la charapa (CCMP)À Zábalo, les habitants s'unissent pour protéger les tortues d'eau douce (Podocnemis unifilisetP. expansa). Suite à des baisses notables des populations de tortues,les responsables locaux se sont associés àWWF Équateur, la Fondation Sobrevivencia Cofán et l'Institut national équatorien de la biodiversité (INABIO)dans le cadre d'une approche de gestion communautaire menée depuis plusieurs décennies, qui a permis d'enregistrer une augmentation mesurable des estimations de population. Ce projet combinela vigilance traditionnelle et les pratiques modernes de surveillanceafin d'assurer le succès de la nidification le long des berges.
Plusieurs communautés riveraines entretiennentparcelles de plantes médicinalesqui préservent et transmettent les savoirs ethnobotaniques. Ces jardins reflètent les traditions ancestrales de guérison et constituent de véritables réservoirs informels deespèces médicinales utilisées localement. Ces communautés sont souvent dirigées et prises en charge par des femmes, ce qui ancrent la gestion responsable des plantes au sein dela vie quotidienne et les pratiques de santé communautaire.
ARTISANAT AUTOCHTONE ET PRATIQUES D'APPRENTISSAGE CULTUREL
L'artisanat — comme les boucles d'oreilles, les colliers et les objets décoratifs fabriqués à partir de matériaux naturels — reste unpratique culturelle transmise dès l'enfanceau sein des familles autochtones. Si le tourisme a influencé la demande, ces pratiques contribuent àl'apprentissage intergénérationnel et la mémoire matérielleplutôt que d'être de simples objets à vocation commerciale.
ÉVÉNEMENTS DE PARTAGE CULTUREL
Dans des villages tels que Zábalo et d'autres situés le long du corridor fluvial, les familles se partagent par intermittencechansons, danses, langue et contesavec les visiteurs. Il ne s'agit pas de représentations mises en scène, maisexpressions d'épistémologies vécues, montrant comment la connaissance et l'identité s'ancrent dans un lieu.
CUYABENO KICHWA LODGE – CONSERVATION ET ACCUEIL SOUS L'ÉGIDE DES POPULATIONS AUTOCHTONES
Fondée en 2019 àPlages de Cuyabenopar la communauté kichwa locale et sous la direction des responsables autochtones,Cuyabeno Kichwa Lodge et Kichwa Wildlife Center S.A.S.mène des activités touristiques qui contribuent à assurer les moyens de subsistance tout en défendantun engagement durable en faveur de la santé des écosystèmes et du patrimoine culturel. Ce projet s'inscrit dans le cadre de plusieurs objectifs de développement durable des Nations Unies, en conciliant le bien-être de la communauté et la protection de l'environnement.
PROJET DE CONSERVATION D'AMAZON (COLLABORATION AVEC DES TIERS)
Des organisations telles que laProjet de conservation de l'Amazonie, en partenariat avec les acteurs locaux et dans le cadre d'initiatives en matière de sciences forestières, telles que celles menées par leCentre de protection de la faune sauvage de Cuyabeno, œuvrer en faveur dela protection à long terme des écosystèmes amazoniensgrâce à la surveillance, à la sensibilisation et à la collecte de données qui alimentent des réseaux de conservation plus larges.

AVANT DE PRENDRE LE DÉPART : INFORMATIONS INDISPENSABLES SUR VOTRE SORTIE
Ai-je besoin d'un permis pour entrer dans la réserve naturelle de Cuyabeno ?
L'accès à Cuyabeno est gratuit et ne nécessite pas de permis spécifique. Les visiteurs doivent s'enregistrer au poste de contrôle officiel (El Puente) et entrer accompagnés d'un voyagiste agréé. Ce système vise à garantir la sécurité des visiteurs et la gestion environnementale, conformément au cadre réglementaire équatorien relatif aux aires protégées (ministère de l'Environnement / SNAP).
Peut-on observer la faune sauvage toute l'année à Cuyabeno ?
Oui. La faune est présente toute l'année, mais sa visibilité varie en fonction du niveau de l'eau. Pendant les périodes de crue, les rivières aux eaux noires attirent les espèces aquatiques ; lorsque le niveau de l'eau baisse, la faune se concentre le long des berges. C'est tôt le matin et en fin d'après-midi que l'on a le plus de chances d'observer des animaux.
La navigation et la baignade sont-elles sans danger dans les rivières aux eaux noires ?
La navigation guidée sur les rivières de Blackwater ne présente aucun danger. La baignade est courante dans certaines zones, telles que Laguna Grande, où l'eau libre et l'acidité naturelle réduisent les risques. La baignade s'effectue toujours sous la surveillance d'un guide et uniquement dans les zones autorisées.
Quel équipement de base les visiteurs doivent-ils emporter ?
Des vêtements légers à manches longues, des chaussures imperméables, un produit anti-moustiques, des jumelles, une protection solaire et une gourde réutilisable. La plupart des gîtes fournissent des bottes en caoutchouc et des vêtements de pluie, mais il est recommandé d'emporter des articles personnels pour plus de confort.
Existe-t-il des règles à respecter lors des interactions avec la faune sauvage ?
Oui. La faune doit être observée à une distance respectueuse. Il est interdit de nourrir les animaux ou de s'approcher des nids. Les guides respectent des protocoles de conservation conformes à la réglementation environnementale équatorienne afin de réduire le stress subi par les espèces.
Comment les communautés autochtones participent-elles à la préservation de la nature ?
Les communautés Siona, Secoya, Cofán et Kichwa apportent leur contribution grâce à leurs savoirs écologiques traditionnels, à des programmes de surveillance et à des initiatives de conservation telles que la protection des tortues et la gestion de leur habitat.
Puis-je visiter les lieux sans guide ?
Non. L'accès libre n'est pas autorisé. Les visiteurs doivent être accompagnés d'un guide naturaliste agréé et passer par un lodge agréé afin de garantir la sécurité, la bonne orientation et la protection de l'environnement.
La réserve naturelle de Cuyabeno : une forêt tropicale équatorienne unique, peuplée de « killas »
BY RESPONSIBLE TRAVEL

Cuyabeno est unRéserve d'Amazon Blackwateroù s'étendent de vastes forêts inondées, des réseaux de lagunes entrelacés et où se pratique la navigation ancestrale parkillasLes canoës marquent le paysage de leur empreinte.
POURQUOI VISITER CUYABENO ?
Cuyabeno propose une expérience marquée parlela logique de l'eau et de la forêt, ensemble. Ici, les dynamiques écologiques résultent des interactions entre les crues saisonnières, le débit fluvial et la complexité structurelle des zones humides tropicales. Le réseau de rivières et de lacs d’eaux noires de la réserve ne se contente pas de transporter l’eau — ildétermine les lieux où les espèces se nourrissent, se reproduisent et migrent, et comment les communautés se sont déplacées et ont vécu au fil de l'histoire au cœur de la forêt.
Ce cadre invite à une autre forme de voyage : celle où l'observation prend le pas sur la précipitation, et où la compréhension naît en regardant la vie se dérouler au rythme de ses propres cycles.

EN QUOI CUYABENO EST-IL PLUS QU'UNE SIMPLE RÉSERVE ?
Cuyabenodésigne à la fois la région amazonienne au sens large et la zone protégée officielle connue sous le nom deRéserve naturelle de Cuyabeno, fondée en 1979 et couvrant près de590 000 hectaresdans le nord-est de l'Amazonie équatorienne, couvrant les provinces deSucumbíos et Orellana.
Ce qui distingue le Cuyabeno, c'estla continuité entre sa fonction écologique et la présence humaine. La réserve protège une mosaïque deforêts inondées, rivières aux eaux noires et zones humides saisonnières— des écosystèmes qui restent en lien direct avecTerritoires et cultures autochtonesqui vivent au contact de ces paysages et en tirent des enseignements depuis des générations. À Cuyabeno, la protection de l’environnement et la continuité culturelle se rejoignent, créant ainsi un territoire où les processus écologiques et les savoirs ancestraux sont à la fois actifs et observables, sans être dissociés.

COMMENT LES RIVIÈRES FAÇONNENT LE TERRITOIRE
Au confluent des rivières Cuyabeno et Aguarico se trouveLa Bocana, un site d’importance tant écologique que culturelle où se rejoignent la composition chimique de l’eau, les régimes d’écoulement et les voies de circulation traditionnelles.
Les rivières constituent la colonne vertébrale de la structure spatiale et écologique du Cuyabeno. L'hydrologie de la réserve comprend des cours d'eau majeurs tels que leRivière Aguarico, leRivière Cuyabeno, leRivière Zábalo, et leRivière Balatá, entouré de lacs reliés entre eux, commeLac AgrioetLac Grande. Ces cours d'eau formentles principaux axes de transport et les corridors écologiques, remplaçant de fait les routes et influençant la manière dont les espèces et les personnes se déplacent sur le territoire.
COMMENT DÉCOUVRIR LE CUYABENO : L'EXPÉRIENCE KILLAS
Le canoë est le meilleur moyen d'explorer cette région.Les « Killas », des pirogues traditionnellesfabriqués et utilisés par les familles locales, constituent un moyen de transport respectueux de l'environnement. Les canoës permettent aux visiteurs d'accéder à des zones inaccessibles aux bateaux à moteur. Leur utilisation favorise un tourisme à faible impact et permet aux guides locaux de transmettre un savoir forgé par l'expérience et la vie au bord du fleuve. Des visites guidées à pied sont également possibles dans certaines parties de la réserve, notamment pendant la saison sèche.

QUELS ANIMAUX VIVENT DANS CES RIVIÈRES ET CES FORÊTS ?
Avec plus de 550 espèces d'oiseaux recensées, 12 espèces de primates et des observations exceptionnelles telles que des loutres géantes d'eau douce et des anacondas, la réserve figure parmiles régions présentant la plus grande biodiversitédans la partie supérieure de l'Amazone. Mais à Cuyabeno, la biodiversité ne se résume pas à une simple question de quantité — c'estÀ propos de la connexion.
DANS LES RIVIÈRES : DAUPHINS ROSES, LOUTRES ET CAÏMANS
Dauphins roses de l'Amazone
On les voit souvent faire surface sans bruit près des berges ou sous les branches — le plus souvent à l'aube ou dans des lagunes ombragées.
À noter :Dans les cosmologies autochtones, leur présence est considérée comme le signe d'un écosystème aquatique sain et d'un équilibre spirituel.
Les loutres géantes
Ils se déplacent en petits groupes familiaux très soudés, souvent le long de troncs d'arbres tombés ou de berges peu profondes.
À noter :Leur nage synchronisée et leurs vocalisations témoignent d'une organisation sociale très développée et d'une mémoire territoriale.
Caïmans
Ils deviennent plus visibles la nuit, lorsque leurs yeux reflètent la lumière au-dessus de la surface immobile.
À noter :Ces reptiles occupent le sommet de la chaîne alimentaire aquatique et contribuent à réguler les populations de poissons.



DANS LES ARBRES : ARAS, SINGES ET AIGLES HARPIES
Singes hurleurs, écureuils et capucins
Ils forment de petits groupes qui se déplacent à travers la canopée, à la recherche de fruits et d'insectes.
À noter :Les singes hurleurs constituent des indicateurs précoces de la santé de la forêt en raison de la sensibilité de leur régime alimentaire et de l'étendue de leur registre vocal.
Ara
Elles volent en volées bruyantes et colorées au lever et au coucher du soleil.
À noter :La force de leur bec et leurs habitudes alimentaires contribuent à la dispersion des graines, un processus essentiel à la régénération de la forêt.
Aigles harpies
Bien qu'on les aperçoive rarement, ils vivent dans de grands arbres émergents.
À noter :Leur présence témoigne de l'existence d'un réseau trophique complet et intact, car ces espèces ont besoin de vastes territoires et de forêts matures.



LE VISIBLE ET L'INVISIBLE : LE RYTHME DE LA FORÊT
Toutes les rencontres ne se font pas à vue. Certains animaux restent cachés sous les broussailles. D'autres ne se révèlent qu'à travers des sons, des odeurs ou des ombres qui bougent.
À noter :La forêt récompense le silence — non pas par des certitudes, mais par des possibilités.
SÉJOURNER DANS LA RÉSERVE : HÉBERGEMENTS LOCAUX ET AU BORD DE LA RIVIÈRE
Cuyabeno propose un petit choix varié d'écolodges, dont la plupart ne sont accessibles que par voie fluviale. Chacun s'intègre au paysage à sa manière, que ce soit par son architecture, sa collaboration avec les communautés locales ou l'accès à des écosystèmes spécifiques. Si certains ont tissé des liens plus étroits avec les communautés autochtones, tous offrent un aperçu de la manière dont on peut vivre en harmonie avec la forêt tropicale.
TAPIR LODGE
Près de la rivière Cuyabeno
Construit en collaboration avec le peuple Siona, le Tapir Lodge se compose de tours surélevées et de plateformes d'observation des oiseaux.
À noter :Il propose des balades guidées en canoë à travers les forêts d'igapó et est considéré comme un modèle de tourisme communautaire.
WAITA LODGE
Cours inférieur du fleuve Cuyabeno
Elle recrute la majorité de son personnel dans les communes voisines.
À noter :Met l'accent sur les activités tranquilles telles que le paddleboard et les excursions matinales.
CUYABENO LODGE
Laguna Grande
Comptant parmi les plus anciens de la région, ce lodge permet d'accéder à l'un des lagons les plus riches de la réserve.
À noter :Propose des balades en canoë au lever du soleil, au milieu de la brume, pour observer les oiseaux.
CUYABENO RIVER LODGE
Lit de la rivière Cuyabeno
Une option plus intime, idéale pour une exploration en toute tranquillité.
À noter :Situé à proximité de lagons peu fréquentés, parfaits pour observer les dauphins roses.
TUCAN LODGE
Cours moyen du fleuve Cuyabeno
De style rustique et de taille modeste, ce gîte accueille les petits groupes et les voyageurs individuels.
À noter :Les balades en forêt mettent en avant les plantes médicinales et leurs usages traditionnels.
NICKY AMAZON LODGE
Les rives du Cuyabeno
Allie sorties dans la nature et visites au sein de la communauté.
À noter :Organise des soirées de contes avec les aînés de la région, lorsque ceux-ci sont disponibles.
CENTRE DE PROTECTION DE LA FAUNE SAUVAGE DE CUYABENO
Zone intérieure de la réserve
Conçu pour des séjours immersifs et prolongés dans les zones reculées de la réserve.
À noter :Les visites nocturnes permettent souvent d'observer des caïmans et des mammifères nocturnes.







QUI PROTÈGE CE TERRITOIRE ? LES COMMUNAUTÉS AUTOCHTONES DE CUYABENO
Le Cuyabeno est également un paysage culturel vivant. PlusieursPeuples autochtonescontinuent d'habiter ses forêts et ses rivières, chacun avec sa propre langue, sa propre mémoire et son propre lien avec la terre.
SIONA : LES GARDIENS DU SAVOIR FLUVIAL
Vivant principalement le long du fleuve Cuyabeno, les Siona sont réputés pour leurs compétences en matière de navigation, de médecine traditionnelle et de connaissance cyclique de la forêt. L'usage cérémoniel du yajé reste un élément essentiel de leur vie spirituelle.
SECOYA : LES VOIX DES ZÁBALO
Les Secoya vivent près de la rivière Zábalo et sont réputés pour leur tradition de contes oraux, la transmission intergénérationnelle de leur langue et leur sens de l'observation de l'environnement, ancrés dans des pratiques séculaires.
LES COFÁN : LES DÉFENSEURS DE L'AGUARICO
Le long de la rivière Aguarico, les Cofán continuent de défendre leurs territoires ancestraux. Leurs chefs parlent souvent de la forêt comme d’un maître : un lieu d’apprentissage, et pas seulement un lieu de vie.
KICHWA : LES AGRICULTEURS DU CHAKRA
Présents à la lisière sud de la réserve, les Kichwa entretiennent des liens profonds avec l'agriculture forestière à travers les chakras, ces jardins de polyculture qui nourrissent à la fois la communauté et le sol.

PROJETS VIVANTS : LA PRÉSERVATION AU-DELÀ DE LA VISITE
Outre l'observation de la faune, Cuyabeno propose plusieursinitiatives axées sur la conservation et en lien avec les communautésqui allient respect de l'environnement et pérennité culturelle. Il ne s'agit pas de « spectacles touristiques » : ils représententdes réponses actives aux changements environnementaux, à la préservation du patrimoine culturel et à la gestion collective.
PRÉSERVATION DE LA TORTUE CHARAPA – INITIATIVE COMMUNAUTAIRE ET PARTENARIALE
LeProgramme communautaire de gestion de la charapa (CCMP)À Zábalo, les habitants s'unissent pour protéger les tortues d'eau douce (Podocnemis unifilisetP. expansa). Suite à des baisses notables des populations de tortues,les responsables locaux se sont associés àWWF Équateur, la Fondation Sobrevivencia Cofán et l'Institut national équatorien de la biodiversité (INABIO)dans le cadre d'une approche de gestion communautaire menée depuis plusieurs décennies, qui a permis d'enregistrer une augmentation mesurable des estimations de population. Ce projet combinela vigilance traditionnelle et les pratiques modernes de surveillanceafin d'assurer le succès de la nidification le long des berges.
Plusieurs communautés riveraines entretiennentparcelles de plantes médicinalesqui préservent et transmettent les savoirs ethnobotaniques. Ces jardins reflètent les traditions ancestrales de guérison et constituent de véritables réservoirs informels deespèces médicinales utilisées localement. Ces communautés sont souvent dirigées et prises en charge par des femmes, ce qui ancrent la gestion responsable des plantes au sein dela vie quotidienne et les pratiques de santé communautaire.
ARTISANAT AUTOCHTONE ET PRATIQUES D'APPRENTISSAGE CULTUREL
L'artisanat — comme les boucles d'oreilles, les colliers et les objets décoratifs fabriqués à partir de matériaux naturels — reste unpratique culturelle transmise dès l'enfanceau sein des familles autochtones. Si le tourisme a influencé la demande, ces pratiques contribuent àl'apprentissage intergénérationnel et la mémoire matérielleplutôt que d'être de simples objets à vocation commerciale.
ÉVÉNEMENTS DE PARTAGE CULTUREL
Dans des villages tels que Zábalo et d'autres situés le long du corridor fluvial, les familles se partagent par intermittencechansons, danses, langue et contesavec les visiteurs. Il ne s'agit pas de représentations mises en scène, maisexpressions d'épistémologies vécues, montrant comment la connaissance et l'identité s'ancrent dans un lieu.
CUYABENO KICHWA LODGE – CONSERVATION ET ACCUEIL SOUS L'ÉGIDE DES POPULATIONS AUTOCHTONES
Fondée en 2019 àPlages de Cuyabenopar la communauté kichwa locale et sous la direction des responsables autochtones,Cuyabeno Kichwa Lodge et Kichwa Wildlife Center S.A.S.mène des activités touristiques qui contribuent à assurer les moyens de subsistance tout en défendantun engagement durable en faveur de la santé des écosystèmes et du patrimoine culturel. Ce projet s'inscrit dans le cadre de plusieurs objectifs de développement durable des Nations Unies, en conciliant le bien-être de la communauté et la protection de l'environnement.
PROJET DE CONSERVATION D'AMAZON (COLLABORATION AVEC DES TIERS)
Des organisations telles que laProjet de conservation de l'Amazonie, en partenariat avec les acteurs locaux et dans le cadre d'initiatives en matière de sciences forestières, telles que celles menées par leCentre de protection de la faune sauvage de Cuyabeno, œuvrer en faveur dela protection à long terme des écosystèmes amazoniensgrâce à la surveillance, à la sensibilisation et à la collecte de données qui alimentent des réseaux de conservation plus larges.

AVANT DE PRENDRE LE DÉPART : INFORMATIONS INDISPENSABLES SUR VOTRE SORTIE
Ai-je besoin d'un permis pour entrer dans la réserve naturelle de Cuyabeno ?
L'accès à Cuyabeno est gratuit et ne nécessite pas de permis spécifique. Les visiteurs doivent s'enregistrer au poste de contrôle officiel (El Puente) et entrer accompagnés d'un voyagiste agréé. Ce système vise à garantir la sécurité des visiteurs et la gestion environnementale, conformément au cadre réglementaire équatorien relatif aux aires protégées (ministère de l'Environnement / SNAP).
Peut-on observer la faune sauvage toute l'année à Cuyabeno ?
Oui. La faune est présente toute l'année, mais sa visibilité varie en fonction du niveau de l'eau. Pendant les périodes de crue, les rivières aux eaux noires attirent les espèces aquatiques ; lorsque le niveau de l'eau baisse, la faune se concentre le long des berges. C'est tôt le matin et en fin d'après-midi que l'on a le plus de chances d'observer des animaux.
La navigation et la baignade sont-elles sans danger dans les rivières aux eaux noires ?
La navigation guidée sur les rivières de Blackwater ne présente aucun danger. La baignade est courante dans certaines zones, telles que Laguna Grande, où l'eau libre et l'acidité naturelle réduisent les risques. La baignade s'effectue toujours sous la surveillance d'un guide et uniquement dans les zones autorisées.
Quel équipement de base les visiteurs doivent-ils emporter ?
Des vêtements légers à manches longues, des chaussures imperméables, un produit anti-moustiques, des jumelles, une protection solaire et une gourde réutilisable. La plupart des gîtes fournissent des bottes en caoutchouc et des vêtements de pluie, mais il est recommandé d'emporter des articles personnels pour plus de confort.
Existe-t-il des règles à respecter lors des interactions avec la faune sauvage ?
Oui. La faune doit être observée à une distance respectueuse. Il est interdit de nourrir les animaux ou de s'approcher des nids. Les guides respectent des protocoles de conservation conformes à la réglementation environnementale équatorienne afin de réduire le stress subi par les espèces.
Comment les communautés autochtones participent-elles à la préservation de la nature ?
Les communautés Siona, Secoya, Cofán et Kichwa apportent leur contribution grâce à leurs savoirs écologiques traditionnels, à des programmes de surveillance et à des initiatives de conservation telles que la protection des tortues et la gestion de leur habitat.
Puis-je visiter les lieux sans guide ?
Non. L'accès libre n'est pas autorisé. Les visiteurs doivent être accompagnés d'un guide naturaliste agréé et passer par un lodge agréé afin de garantir la sécurité, la bonne orientation et la protection de l'environnement.
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