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COP 31 : Comment le Tourisme Régénératif répond à la Crise Climatique

07/11/2026

BY RESPONSIBLE TRAVEL

COP 31 : Comment le Tourisme Régénératif répond à la Crise Climatique

Traduit par Fabricio Ramos · 1 181 mots · Temps de lecture estimé : 6 min

S’adapter au changement climatique ne relève plus de politiques pour demain, c’est la priorité fondamentale de chaque nation aujourd’hui. C’est dans ce contexte que s’établit la base de la Conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP 31), le plus grand sommet de coopération internationale face aux effets de la crise climatique provoqués par l’activité humaine.

COP31
Source : Département du changement climatique, Flick

Organisée dans la ville moderne d’Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre, elle sera le siège officiel des rencontres, négociations et décisions entre représentants de gouvernements, d’entreprises, d’organisations de la société civile et de différents secteurs pour évaluer la coopération mondiale des années précédentes, afin de déterminer les orientations et les efforts à entreprendre aujourd’hui.

La Conférence des Parties (COP) se tient chaque année depuis 1995 et constitue un cadre décisif pour les stratégies et accords internationaux, abordant des enjeux tels que : la réduction des gaz à effet de serre, le financement climatique pour les pays en développement et l’établissement de transitions justes pour les différents États. Cet espace a permis de conclure d’importantes alliances mondiales comme l’Accord de Paris de 2015, qui engage 196 nations pour limiter le réchauffement climatique bien en deçà de 2 °C.

Cependant, de nombreuses organisations critiquent l’efficacité des stratégies et accords issus du sommet, les qualifiant davantage d’idéalistes que d’actions concrètes. C’est pourquoi l’édition de cette année suscite une attention particulière en se trouvant sous le regard du monde entier, cherchant à mettre en lumière des changements réels et des engagements sincères des dirigeants mondiaux. Comment redonner de la crédibilité aux sommets climatiques alors que la réalité du réchauffement climatique frappe déjà la planète entière ?

FAIRE FACE À UNE RÉALITÉ PRÉOCCUPANTE

Photographie de Charlie Hamilton James
Source : Charlie Hamilton James, 2019

Sur la base des contributions du Brésil, pays hôte de la précédente COP 30, trois priorités se dégagent pour cette édition en Turquie. Premièrement, mettre en œuvre le nouveau mécanisme de transition juste établi à Belém. Deuxièmement, améliorer la mesure des progrès en matière d’adaptation et d’atténuation. Troisièmement, accroître les investissements climatiques dans les pays en développement affectés par la dette.

Le président de l’Assemblée générale des Nations unies, Khalilur Rahman, souligne le rôle essentiel des dirigeants mondiaux, qui se réuniront les 11 et 12 novembre, en tant qu’exemples et guides pour protéger leurs citoyens et ne pas répéter les mêmes promesses. En effet, à travers les politiques climatiques actuelles, ils orientent la planète vers un réchauffement de 2,8 °C, bien au-dessus de l’estimation de l’Accord de Paris, en privilégiant des activités extractives axées sur les marchés de consommation de masse.

Tom Fisk
À gauche : Tom Fisk, 2023.
Jeff Stapleton
À droite : Jeff Stapleton, 2020.

L’inaction de différents gouvernements au fil des ans a contribué à rendre les effets du changement climatique plus intenses et plus violents. L’année 2026 s’accompagne d’une hausse des températures mondiales, de phénomènes météorologiques toujours plus extrêmes, de l’élévation du niveau de la mer, de la raréfaction de l’eau douce et d’une perte de biodiversité et d’écosystèmes sans précédent. La planète se rapproche de plus en plus de seuils critiques, sans retour possible pour le bien-être de l’humanité.

L’un des exemples les plus marquants de cette année a été la catastrophe climatique à la frontière entre le Népal et la Chine, survenue le 26 août, lorsqu’un gigantesque éboulement de roche et de glace de l’Himalaya a dévalé 1 400 mètres, ravageant des vallées, des villes et des communautés dans la zone. La catastrophe aurait fait environ 1 300 morts et plus de 5 000 disparus, selon le site World Weather Attribution.

Les données scientifiques ont déterminé que le réchauffement à long terme et le remplacement des chutes de neige par des pluies ont déstabilisé la structure de cet immense bloc de glace, provoquant son détachement. Un autre exemple critique du réchauffement à long terme est le phénomène El Niño, qui, selon l’Administration nationale océanique et atmosphérique des États-Unis (NOAA) et l’Organisation météorologique mondiale (OMM), enregistre cette année une température océanique supérieure à 30 ans d'historique, le classant comme « Super Niño ».

En Équateur, le Comité national pour l’étude régionale du phénomène El Niño (CN-ERFEN) a émis des alertes afin de préparer la population à sa forte intensité face à des pluies soudaines, des inondations et des crues des fleuves, laissant une grande partie de la population vulnérable. Ce phénomène est causé par le réchauffement des eaux de surface du Pacifique équatorial. Face à cette dure réalité, la question se pose : si rien ne change, que nous réservent les années à venir ?

Juan Felipe RamÍres
Source : Juan Felipe RamÍres, 2023.

S’ENGAGER POUR LE CHANGEMENT

Il est essentiel que chaque secteur s’attaque à la crise climatique en fonction de ses propres capacités, plutôt que de dépendre uniquement des décisions et des mesures gouvernementales. Le secteur touristique génère près de 10,3 % de l’économie mondiale, d’après le Conseil mondial du voyage et du tourisme. Cette activité se positionne ainsi comme un pilier prioritaire pour l’adaptabilité climatique dans les processus durables.

Le travail de Responsible Travel, en tant qu’agence de voyages primée pour sa durabilité et son tourisme responsable, constitue un véritable appel à l’action pour transformer les activités touristiques à impact environnemental en opérations destinées à préserver les cultures locales, promouvoir la biodiversité et soutenir des projets communautaires qui bénéficient autant aux voyageurs qu’aux destinations visitées.

« Si ce n’est pas du tourisme durable, alors ce n’est pas du tourisme ». En raison de la réalité mondiale, poursuivre les anciennes pratiques touristiques est désormais impossible. Responsible Travel, à titre d’exemple, intègre divers projets au premier rang de sa responsabilité sociale, notamment :

A Mano Manaba : destiné à améliorer les conditions de vie des populations les plus vulnérables du nord de Manabí grâce à des programmes d’éducation formelle et informelle.

Adoptez un arbre : pour compenser votre empreinte de voyage ou rendre hommage à un être cher, garantissant la survie des arbres et une véritable restauration environnementale.

Chaka Sucúa : offrant un soutien éducatif complet à 20 jeunes issus de milieux défavorisés scolarisés dans l'éducation générale de base à l’unité éducative Julio Padilla, dans le canton de Sucúa.

Projet Responsible Travel, à gauche
Source : Responsible Travel, projets, 2026.
Projet Responsible Travel, à droite
Source : Responsible Travel, projets, 2026.

Face à l’imminente réalité du changement climatique, le Tourisme Régénératif améliore les conditions à travers une récupération constante, en accordant la priorité à la vie, à la santé et à la résilience des communautés autochtones ainsi que de leurs territoires. Il ne s’agit pas seulement d’atténuer les pressions environnementales ou de compenser l’empreinte carbone, il s’agit de mettre en œuvre des actions pour transcender l’état naturel des écosystèmes, comme éléments indispensables pour la santé et la guérison de la planète.

Pour cette raison, la tenue de la COP 31 à Antalya représente l’occasion idéale pour mettre fin aux promesses sans cesse différées et à l’inaction des différents secteurs. Les événements climatiques enregistrés tout au long de cette année témoignent de la dure réalité et des défis majeurs auxquels fait face la coopération internationale : pertes de vies humaines, dégâts irrémédiables aux écosystèmes et aux modes de vie, mais surtout les conséquences sur de multiples générations qui se retrouvent à la dérive dans un monde qui, peu à peu, cesse d'être reconnaissable.

Ainsi, le Tourisme Régénératif, impulsé par différents acteurs comme Responsible Travel, propose une méthode concrète pour déployer ces politiques internationales sur le terrain. Faisant de l’activité touristique un élan réparateur, capable d’engendrer des transformations significatives dans la résilience des écosystèmes et, de ce fait, de constituer un pilier fondamental pour garantir un avenir viable pour les générations actuelles et futures.

Fundación Amazonia Productiva
Source : Fundación Amazonia Productiva, 2020